Loin du ring, la boxe se fabrique dans l’épuisement quotidien.
Boxe anglaise, française, thaïe : mêmes gestes répétés, mêmes corps mis à l’épreuve. Frapper, esquiver, tenir. Recommencer.
La salle est un lieu d’apprentissage et de contrainte. La minuterie découpe le temps. Les exercices se répètent jusqu’à l’épuisement. Le corps apprend la douleur, la fatigue, la maîtrise de soi.
Mais que reste-t-il de la force lorsque le corps vacille ?
Je photographie ces instants où la puissance se fissure : corps trempés de sueur, regards absents, gestes suspendus, sacs éventrés, cordages usés. Hors du spectacle et de la légende, les boxeurs apparaissent dans leur fragilité. La violence n’est plus celle du combat. Elle est retournée contre soi, sublimée par la discipline. Les corps deviennent masses, tensions, presque abstractions. Une couleur vient parfois les traverser comme un choc.
Tina Merandon
Une commande de la Ville de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), avec le soutien du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.
Away from the ring, boxing is forged through the daily grind of exhaustion.
English, French, Thai boxing : the same gestures repeated, the same bodies pushed to their limits. Strike, evade, endure. Begin again. he gym is a place of learning and constraint. The timer cuts time into intervals. Exercises are repeated until exhaustion. The body learns pain, fatigue, self-control.
But what remains of strength when the body begins to falter ?
I photograph those moments when power starts to fracture : bodies drenched in sweat, vacant stares, suspended gestures, torn punching bags, worn-out ropes. Beyond spectacle and legend, boxers reveal their vulnerability. Violence is no longer that of combat. It is turned inward, sublimated through discipline. Bodies become masses, tensions, almost abstractions. At times, a burst of colour cuts through them like a shock.
Tina Merandon





