Tisser sa Toile explore le lien mère-fille comme une matière obscure : transmission, complicité, rivalité, attachement.
Derrière un tissu, les femmes, mères et filles, rejouent par le geste, le jeu et l’improvisation des fragments de leur histoire intime. Draps, nappes, plis et corps deviennent une même matière. Les visages disparaissent. Ne restent que des silhouettes, des postures, des tensions. Le tissu révèle autant qu’il dissimule. Il devient la surface d’apparition des souvenirs : ce qui revient, ce qui se transmet, ce qui s’efface.
Le dispositif emprunte au théâtre d’ombres, à ses dimensions archaïques et rituelles, mais aussi aux premières empreintes humaines, à la peinture rupestre : gestes primitifs, surgissements, traces. La lumière ne montre pas, elle fait apparaître. L’obscurité absorbe les corps et les restitue autrement.
Peu à peu, la photographie renonce à décrire pour devenir image : une matière picturale, tachiste, où le corps se dissout dans la lumière, le tissu et la mémoire.
Tina Merandon
Une résidence de création produite par Vitré Communauté et l’Artothèque de Vitré.
Weaving Her Fabric explores the mother-daughter bond as an obscure, complex material : transmission, complicity, rivalry, attachment.
Behind a sheet of fabric, women—mothers and daughters—reenact fragments of their intimate histories through gesture, play and improvisation. Sheets, tablecloths, folds and bodies become a single material. Faces disappear. What remains are silhouettes, postures, tensions. The fabric reveals as much as it conceals. It becomes the surface upon which memories emerge: what returns, what is passed on, what fades away.
The device draws on the ancient and ritual dimensions of shadow theatre, but also on humanity’s earliest traces, on cave painting : primitive gestures, apparitions, marks. Light does not reveal; it makes visible. Darkness absorbs the bodies and gives them back transformed.
Gradually, photography abandons description to become image : a painterly, gestural, almost tachiste material, in which the body dissolves into light, fabric and memory.
Tina Merandon
A creative residency produced by Vitré Communauté and the Artothèque de Vitré.






