MANÈGE (2019-2020)

La Famille se nourrit de relations puissantes, tendres ou conflictuelles.

Les protagonistes, le temps d’une prise de vue, improvisent et mêlent leur corps. C’est une chorégraphie, tout en mouvement, l’occasion d’un moment rare et chargé d’émotions contradictoires. Chacun puise dans le potentiel cinétique de son enveloppe charnelle et communique, sans le vouloir parfois, une idée, une émotion, un sentiment, une situation.

On ne peut pas toujours identifier les corps dans ces représentations. Ils  se mêlent au point de se confondre. Tout le monde a sa place, mais on ne sait plus qui est qui, le père, la mère, à qui appartient cette jambe, ce bras. Ce sont les liens sanguins.
Un faux chaos existe dans ces compositions improvisées, mais construites. Les plans sont serrés, les tons monochromes, on voit peu les visages. Comme souvent, l’aspect choral prédomine, chacun est net devant l’objectif et la perspective est abolie. Des fragments de corps sur un seul plan entretiennent entre eux des rapports rythmiques. Chaque figure occupe un espace. Chacun se presse contre son voisin et est pressé contre lui. Il n’y a pas de vide.

Si cette compression des corps raconte l’aspect oppressif, oppressant de la famille, elle reste porteuse d’une synergie dynamique.


MANEGE (2019-2020)
The Family is nourished by powerful, tender or conflicting relationships.

The protagonists, during a shooting, improvise and mix their bodies. It is a choregraphie, all in movement, the occasion of a rare moment charged with contradictory emotions. Each one draws from the kinetic potential of his carnal envelope and communicates, sometimes without wanting to, an idea, an emotion, a feeling, a situation.

One cannot always identify the bodies in these representations. They blend together to the point of confusion. Everyone has his place, but we don’t know who is who, the father, the mother, who owns this leg, this arm. These are the blood ties.

False chaos exists in these improvised, but constructed compositions. The shots are tight, the tones monochrome, we see little of the faces. As is often the case, the choral aspect predominates, each one is in focus in front of the lens, and perspective is abolished. Fragments of bodies on a single plane maintain rhythmic relationships between them. Each figure occupies a space. Each one presses against his neighbor and is pressed against him. There is no void.

If this compression of the bodies tells the oppressive aspect of the family, it remains to carry a dynamic synergy.